Reportages

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Une cession complexe réussie grâce à un accompagnement en collaboration

Fin 2024, dans l’Aisne, au cœur du territoire laonnois, l’heure est à la transmission d’exploitation pour M. et Mme Leviel, un couple de retraités. Mais leur exploitation de 60 hectares, constituée principalement d’élevage allaitant, de grandes cultures et de tournesol, a une particularité : les parcelles sont éparpillées, les propriétaires nombreux, et chaque décision engage une multitude d’acteurs.

Pour s’y retrouver, le couple s’appuie d’abord sur l’association Réagir 02, qui les accompagne depuis plusieurs mois. Son rôle : retisser du lien, coordonner les échanges, et débloquer une situation complexe. Rapidement, Réagir 02 suggère de faire appel à la Safer Hauts de France pour être épaulé sur le foncier et l’administratif.

 

La Safer, un appui précieux… mais parfois incompris

« L’association Réagir 02 nous a vraiment aidés, confie Mme Leviel. Mais l’entrée de la Safer Hauts de France dans le dossier a été compliquée au début. Plusieurs agriculteurs s’étaient déjà positionnés pour reprendre, et ils n’ont pas compris pourquoi nous faisions appel à elle. »

Car la réalité est là : sur le terrain, l’image de la Safer reste parfois floue, souvent réduite à la peur de la préemption. Une perception qui ne reflète pas la diversité de ses missions, notamment dans l’accompagnement des transmissions. En effet, bien qu’elle reste un levier d’action essentiel, la préemption ne représente que 10% des acquisitions réalisées par la Safer Hauts de France.

Face aux interrogations, un travail de pédagogie s’impose. « Il a fallu expliquer comment ça fonctionne, autant sur le plan financier que sur les modalités d’attribution », précise Aurore Primot, de l’association Réagir 02, admirative du courage et de la détermination du couple.

 

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Un travail d’équipe

Car au-delà des idées reçues, d’autres obstacles se dressent. Le morcellement du parcellaire complique les démarches, obligeant à multiplier les contacts et les rendez-vous. Heureusement, M. Leviel connaît ses terres sur le bout des doigts, et le couple entretient depuis toujours des relations de confiance avec leurs propriétaires. « À partir de là, la tâche était facilitée, indique Mme Primot. La Safer a pu prendre le relais pour contacter les différents propriétaires. Claire, la conseillère foncier du secteur, a été présente à chaque étape, et au fil des mois cet accompagnement est également devenu un soutien humain, étant donné le nombre de candidats, les désistements, les nouveaux dossiers… »

Le nombre de candidats à la reprise est en effet une autre difficulté, plus humaine. Tous sont motivés, souvent proches, parfois même amis. « Nous avons de très bonnes relations avec plusieurs d’entre eux, confie le couple. Dans ce contexte, choisir devenait presque impossible. » Un dilemme que la Safer a permis de dépasser, en portant la décision à leur place, sur la base notamment d’une réflexion collective en Comité technique, instance départementale composée d’une vingtaine d’acteurs du territoire : organisations professionnelles agricoles, collectivités, État, organismes de protection de l’environnement, banques, etc.

La transmission, au cœur des missions Safer

Jean-Maxime Lesne, conseiller foncier à la Safer Hauts de France ayant pris la relève pour la concrétisation de ce dossier, explique : « Derrière chaque candidature, un travail approfondi est mené. Nous rencontrons tous les candidats, soucieux de connaître leur parcours et leurs motivations, et tous les dossiers sont étudiés en Comité technique, avec les réflexions des différents membres et avant validation des Commissaires du Gouvernement. » Un travail d’équipe qui correspond à l’état d’esprit du couple Leviel, qui avait une volonté très forte que ce soit un jeune qui reprenne.

« Ce dossier illustre pleinement le rôle de la Safer dans la transmission des exploitations agricoles, souligne Olivier de France, directeur opérationnel du département de l’Aisne. Nous avons mobilisé pour cela plusieurs de nos outils, notamment l’intermédiation locative, qui consiste à sécuriser l’accès au foncier pour un repreneur tout en apportant des garanties au cédant. Car au-delà de l’aspect foncier, l’enjeu est aussi humain : la Safer s’assure de la reprise durable et pérenne des exploitations. »

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Une transmission réussie

À 30 ans, Antoine Villaire, jeune agriculteur installé depuis juillet 2022, est le candidat qui a été retenu dans ce dossier. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur agronome, M. Villaire a ainsi pu consolider l’exploitation familiale.

« Mes parents, initialement double-actifs, avaient déjà repris puis consolidé l’exploitation de mes grands-parents, d’environ 45 hectares, en polyculture-élevage allaitant, avec un troupeau de race Aubrac, explique M. Villaire. Mon objectif était d’avoir suffisamment de surface pour être autonome sur l’alimentation du troupeau. Mes bêtes sont engraissées exclusivement à partir de fourrage produit sur l’exploitation, et grâce à cette attribution, l’exploitation s’étend désormais sur 210 hectares ».

Une exploitation centrée sur l’élevage et la valorisation directe : la viande est commercialisée en caissettes, livrées directement aux consommateurs. Le troupeau compte environ 140 têtes (taureaux, veaux, génisses), avec une commercialisation régulière d’environ deux bêtes par mois.


Une consolidation construite avec la Safer

Tout part d’une rencontre avec M. et Mme Leviel, suivie d’un premier rendez-vous avec la Safer en novembre 2024. « À partir de là, le projet s’est vraiment structuré », résume M. Villaire.
Cette reprise ouvre également de nouvelles perspectives : face à une conjoncture céréalière incertaine, M. Villaire va développer une activité de vente d’herbe, avec une demande croissante en foin et en enrubannage. Et d’autre part, une nouvelle étape va être franchie : l’accueil d’un apprenti très prochainement.

Cette transmission illustre que les situations de cessions complexes ne sont pas une fatalité lorsqu’elles sont abordées de manière collective et structurée. Le travail en réseau entre acteurs du territoire a toute son importance : accompagnement social et humain, expertise foncière ou encore concertation en comité technique ont permis de transformer une situation bloquée en une transmission réussie.

Plus d'infos sur Réagir 02 en cliquant ici


Safer Hauts de France - Juillet 2026
Photos d'illustration © K. BRUSSELEERS - Safer et © Michel FOUCHER 

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Vignes bio : un montage innovant pour préserver une exploitation

À Trélou-sur-Marne, dans l’Aisne, une exploitation familiale en viticulture bio a trouvé un nouveau souffle grâce à un montage original mêlant investisseurs particuliers et portage foncier. À la clé : la préservation dun domaine viticole et linstallation durable dun jeune vigneron.

 

Quatrième génération à reprendre l’exploitation familiale, Benoît s’est engagé depuis plusieurs années dans la conversion en agriculture biologique, avec l’ambition de proposer des champagnes respectueux du vivant et du terroir. Mais comme de nombreux jeunes agriculteurs, l’accès au foncier reste un défi majeur. Sa famille n'est pas propriétaire de toute l’exploitation, et l’année dernière des propriétaires ont décidé de vendre leurs parcelles.

Le foncier constitue en effet un élément déterminant dans la valeur et la pérennité des vignobles. La terre viticole se distingue par sa rareté, la singularité de ses terroirs et une qualité difficilement reproductible, souvent liée à une histoire et un savoir‑faire ancrés localement. Cette spécificité confère au foncier une valeur durable, qui dépasse la seule production agricole et en fait un levier stratégique pour la transmission des exploitations et la stabilité économique des domaines.

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Pour que Benoît puisse sécuriser son installation et conserver les parcelles nécessaires à la pérennité du domaine, une solution innovante a été mise en place : l’acquisition de 25,9 ares de vignes via Hectarea, une plateforme d’investissement citoyen. Ce dispositif permet à des particuliers d’investir collectivement dans le foncier agricole, lequel est ensuite loué à l’exploitant via un bail rural. Au-delà de l’innovation financière, cette opération illustre un partenariat efficace avec la Safer Hauts de France, pleinement mobilisée pour accompagner ce type de projets.

« Dans le cadre de la recherche d’investisseur, Hectarea a constitué pour la Safer Hauts de France une bonne solution. Ce type de collaboration permet à la fois d’assurer le maintien de l’exploitant en place et de garantir la viabilité économique de l’exploitation, deux enjeux qui sont au cœur même des missions des Safer » explique le conseiller foncier en charge du dossier.

Ce projet s’inscrit également dans un contexte plus large : renouvellement des générations agricoles, transition écologique et besoin croissant de solutions pour faciliter l’accès à la terre. Sécuriser le foncier permet au vigneron de se concentrer sur son métier et de poursuivre le développement de son domaine. Ce type de montage apporte ainsi des réponses concrètes aux enjeux de transmission et de transition agricole. Pour la Safer Hauts de France, ces partenariats ouvrent la voie à des solutions complémentaires, au service d’une agriculture durable, ancrée dans les territoires et tournée vers l’avenir.

Plus d'infos sur Hectarea en cliquant ici

Safer Hauts de France - Juin 2026
Photos © Amaury Cibot et © Margot Pasquet
Avec l'aimable autorisation d'Hectarea